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La
Myopathie Héréditaire du Chat
(auparavant connue sous le nom Spasticité).
Texte de Helen Bryant.
Traduction de Britt Schwartz et
Brigitte Christin.
La Myopathie Congénitale (autrefois connue sous le nom
de Spasticité) est un désordre héréditaire qui résulte
d’une faiblesse des muscles. Il s’agit d’une forme de
dystrophie musculaire affectant les jeunes chats et
chatons de race Rex Devon. Il est maintenant prouvé que
cette maladie est héréditaire et est transmise de
manière autosomique récessive (c.-à-d. que les deux
parents doivent porter la forme défectueuse du gène pour
qu'un chaton soit atteint).
Tous les symptômes suivants ont été récoltés grâce à la
description de beaucoup de propriétaires de chatons
affectés, toutefois tous les chatons ne montreront pas
tous les symptômes, car tous ne sont pas affectés avec
le même degré - mais on a remarqué que les descriptions
des propriétaires des chatons affectés étaient très
similaires, à tel point qu'il n'y a aucun doute sur le
fait que ces chatons souffrent tous de la même maladie.
LE DÉBUT : Le début des symptômes a été observé à
différents âges, soit en entre 2 et 25 semaines (6
mois). Ceci pourrait dépendre en partie de la façon dont
les éleveurs ont observé leurs chatons et également
d'autres paramètres tels que le stress ou la gravité de
l’atteinte de chaque individu. Certains chatons maladies
ont été d'abord qualifiés de "différents" au moment du
sevrage. Ils pouvaient sembler effrayés et repoussés par
la nourriture qu’elle soit solide ou liquide, adopter
des positions peu communes pour manger, avoir des
difficultés ou même être incapable de manger.
Une des premières indications de l’atteinte d’un chaton
peut-être une hésitation à sortir du nid et à jouer avec
les autres chatons. Ils sont sensiblement plus
silencieux que les « clowns normaux » que sont les
Devons et adoptent invariablement le rôle de spectateur
plutôt que de participant. Cette tendance
comportementale devient plus marquée lorsqu’ils
vieillissent et ils sont souvent décrits comme "très
sage" comparés à leurs congénères normaux du même âge.
Leurs réactions ont été également décrites comme plus
lentes que celles d’un chaton du même âge.
Quelques chatons malades ont été diagnostiqués au moment
ou ils apprennent à utiliser la litière - (voir
ci-dessous). Ils ont été également observés comme ayant
des difficultés à se laver. On pense que ceci est dû à
l’état (faiblesse) de leurs muscles du cou, rendant les
mouvements pour se laver très difficile, voir même
impossible pour des chatons très affectés. D'autres ont
d'abord montré des symptômes après la vaccination ou
après une maladie ou encore après un changement de lieu
de vie. Chez certains sujets on n’a pas observé de
différence du tout avant de les avoir vendu à de
nouvelles familles à environ 3 mois et c’est plus tard
qu’ils ont été diagnostiqués comme "affectés". Souvent,
avec la connaissance de la maladie et le recul,
l’éleveur ou le propriétaire réalisent plus tard,
parfois des mois ou des années après sa mort que tel ou
tel chaton était affecté.
SÉVÉRITÉ : Il semble y avoir grande variation
dans la gravité de l’affection des chatons. Certains
sont sévèrement handicapés et meurent très jeune ou ont
dû être euthanasiés parce qu'ils ne pouvaient ni manger
ni boire. Il est possible que certains meurent non
diagnostiqués dans les premières semaines de leur vie.
Certains sont moins sévèrement affectés, bien qu'un
propriétaire observateur puisse noter quelques
symptômes. La plupart des chatons affectés n'ont pas une
espérance de vie très longue. La durée moyenne de vie
étant située entre six mois et 2 ans, seul un chat
atteint de la myopathie est connu pour avoir vécu plus
longtemps que 3 ans.
TÊTE ET COU : Le chaton affecté « typique »
développe un cou arqué et la tête tombe de plus en plus,
souvent jusqu'à ce que le menton soit presque de manière
permanente collé à la poitrine. Au début ceci peut être
remarqué par le balancement de la tête d'un côté à
l'autre, ou par sa position latérale. Quelques chatons
se postent sur leurs pattes arrière ou adoptent une
position assise, comme un chien qui fait le beau, afin
de pouvoir regarder autour d’eux sans difficultés.
D'autres utilisent des meubles ou un mur comme point
d’appui. On a également signalé que les chatons affectés
avaient les omoplates très saillants, un éleveur les a
décrit comme des "ailes d'ange". Les chatons affectés
sont longs et minces, ils prennent rarement beaucoup de
poids.
LA MARCHE : Les chatons malades sont décrits
comme marchant avec les pattes raides et tendues vers
l’avant. Après chaque effort physique tel que manger ou
aller à la litière, le chaton peut garder les jambes
raides pendant un certain temps. La course, qui semble
leur demander beaucoup d’effort, s’apparente souvent à
des sauts de lapin.
LE BAC A LITIERE: Avec la concentration et
l'effort que nécessitent l’utilisation du bac à litière,
beaucoup de chatons ont la tête qui tombe de plus en
plus, jusqu'à ce qu'elle se pose dans la litière.
Parfois ils semblent presque être endormis, ils se
lèvent alors soudainement pour sortir du bac. Certains
éprouvent déjà des difficultés pour y entrer.
TREMBLEMENTS : Bien qu'aucun chaton affecté n'ait
été rapporté comme nerveux, la plupart a des périodes de
tremblements ou de secousses incontrôlables, souvent
dans les environnements peu familiers ou lors d'efforts.
Le fait de les rassurer calmement et en douceur est
souvent suffisant pour provoquer l’arrêt de ces
tremblements.
COORDINATION ET ÉQUILIBRE : Les propriétaires de
chats malades, disent que les chatons ont une bonne
coordination (même si parfois elle est un peu
tremblante) souvent meilleures que celle de leurs
congénères normaux. Cependant la plupart a des
difficultés d'équilibre. Une chute peut être
déstabilisante au point de les amener à une situation de
panique. Ils lancent d'une manière exagérée leurs pattes
en l’air vers le ciel dans le but de retrouver
l'équilibre. Beaucoup d’entre eux montrent également une
hésitation marquée au moment de sauter vers le bas même
d’une hauteur minime.
MANGER : En raison de la position du cou (arqué)
et de la tête (penchée) la plupart des chatons affectés
ont de grandes difficultés pour manger. Ils ne peuvent
pas manger dans un bol normal, mais certains peuvent
manger dans un récipient plat ou sur le sol. La façon
dont ils ingurgitent la nourriture a été décrite comme
"happée", souvent en ratant la nourriture. Les gamelles
d’eau semblent terrifier la plupart d'entre eux et
certains ne boivent jamais. Certains s'adaptent en
repliant leurs pattes et en mangeant la nourriture dans
celles-ci, et boivent en léchant l’eau dans leurs pattes
également. La plupart des propriétaires des chatons
affectés nourrissent les chatons malades à la main toute
leur vie.
REPOS : Les chatons affectés semblent avoir
besoin de périodes de repos fréquentes pendant le jeu.
Ils mettent leur tête dans des positions peu communes,
la reposant sur leurs pattes avant, le bras d'un
fauteuil ou un autre objet. Tout en se reposant ils sont
habituellement alertes et observent tout ce qui se passe
autour d'eux. Certains s’assoient également en position
"humaine", une manière pour eux d’être confortablement
installés pour respirer sans difficultés.
YEUX : La plupart, mais pas tous les
propriétaires, signalent que les chatons affectés ont
quelque chose de différent dans leur regard - une
expression indéfinissable qui a été décrite comme "un
regard absent, « rêveur", "shooté" et semblant
regarder « dans le vide ». On a également observé que
plusieurs chatons affectés avaient des yeux ronds,
sensiblement différents de la forme ovale normale de la
plupart des Devons. Leur vue cependant semble être
parfaitement normale.
TEMPÉRAMENT : Sans exception les propriétaires
des chatons affectés ont décrit leurs compagnons comme
très aimables et adorables - bien davantage que la
normale pour les Devons. Ils ont tendance à être les
chats « d’un seul maître", et peuvent devenir très
dépendants, demandant beaucoup d'attention.
GESTION : La plupart des propriétaires disent que
leurs chatons ont besoin d’une vigilance constante par
crainte d'obstruction des voies respiratoires- et pas
uniquement aux moments des repas. Plusieurs
propriétaires ont dû enlever la nourriture de la bouche
obstruée de leurs chatons – malheureusement ceci est la
cause de la mort de beaucoup d’entre eux. Un nombre
important d’entre eux s’est avéré avoir des défauts de
cœur et/ou des poumons sous développés et ils semblent
particulièrement enclins aux infections respiratoires –
ceci est la deuxième cause de mortalité. Quelques
propriétaires disent que le fait de les masser et de
leur donner des suppléments de vitamines semble
maintenir un bon état général, mais l’évolution de la
maladie est malheureusement irréversible.
GÉNÉRALITES : On a noté que les chatons affectés
semblaient souvent ignorants de la douleur qu'ils
infligeaient à leurs congénères pendant le jeu. On
suppose qu'ils ont un moins bon contrôle de leurs
mouvements de mâchoires que les chatons normaux. Ce qui
peut parfois avoir comme conséquence des morsures
douloureuses pour les congénères et les propriétaires.
Beaucoup de gens s'imaginent que ces chatons ressemblent
a des enfants atteints de trisomie 21 - ce n'est pas le
cas. Indépendamment des incapacités physiques décrites
ci-dessus, les chatons affectés ont exactement la même
apparence que les autres chatons Devons et ils ne sont
en aucun cas déficients mentalement – loin de là, comme
beaucoup de propriétaires peuvent en témoigner.
AU FINAL: Si vous avez été assez malchanceux pour
produire un chaton atteint de myopathie, il est
essentiel de le faire diagnostiquer correctement par un
vétérinaire qui pourra, si nécessaire, vous envoyer dans
une université ou une école vétérinaire où les
vétérinaires sont familiarisés avec cette maladie. Il
convient de noter que les parents du chaton malade sont
des porteurs prouvés et qu’ils pourraient être d’une
grande valeur pour essayer d’éliminer la maladie de la
race s’ils étaient utilisés dans un programme de
mariages tests (test-mating) qui sont
actuellement en cours dans certains pays.
Complément d’information sur la
Myopathie Héréditaire du chat Rex Devon et Sphynx
Texte de Marie Abitbol
Description clinique
Cette myopathie, à tort nommée
« spasticité », est rapportée depuis 1974 chez le chat
Rex Devon et se caractérise par une faiblesse musculaire
généralisée. Le signe clinique le plus constant et le
plus évident est la ventroflexion passive de la tête et
du cou. D’autres signes sont rapportés : protrusion des
deux omoplates, démarche anormale avec des membres
antérieurs montés très haut, difficulté de préhension
des aliments (le décès par étouffement est fréquent chez
ces animaux). Tous ces signes sont exacerbés lors d’un
effort intense ou lors d’un stress.
Diagnostic
Le diagnostic peut être établi grâce à
des biopsies musculaires au cours desquelles on retrouve
des signes évocateurs de dystrophie musculaire :
variation dans le diamètre des fibres, foyers de nécrose
et de régénération, fibrose, centralisation des noyaux.
Aucune élévation de la créatine kinase plasmatique n’a
été observée chez les chats malades.
L’âge d’apparition des signes cliniques
se situe entre la naissance et 4 mois. La maladie est
héritée sur un mode autosomique récessif. Compte
tenu du fort métissage de la race Sphynx avec la race
Rex Devon à ses débuts, la maladie est malheureusement
maintenant observée chez le chat de race Sphynx.
Evolution
Il n’existe pas de traitement et
l’évolution clinique est variable d’un individu à
l’autre (quelques mois à plusieurs années), le risque
majeur étant le décès du chat suite à un étouffement par
les aliments, dû à un dysfonctionnement des muscles du
larynx.
Bibliographie
Carville L. Les races félines
caractérisées par une modification de la texture du
pelage: Rex, Sphinx, American Wirehair.
Thèse Vétérinaire.
Alfort: 1995.
Gaschen FP, Jaggy A,
Jones B. Congenital diseases of feline muscle and
neuromuscular junction. J Feline Med Surg 2004;6:
355-366.
Malik R, Mepstead K,
Yang F, Harper C. Hereditary myopathy in Devon Rex cats.
J Small Anim Pract 1993;34: 539-546.
Robinson R. Spasticity
in the Devon Rex cat. Vet Rec 1992;132:
302. |